17h24...

17h24...
La jolie montre reçue pour ses fiançailles s'était arrêtée à 17h24. L'heure à laquelle, au café d'en face, après une discussion assez physique entre les deux, elle avait malencontreusement heurté violemment le bord de la table. Elle s'était brisée, marquant ainsi la fin de leur vie de couple. De retour dans son appartement, des larmes chaudes coulèrent le long de ses joues. Chaudes comme la flamme qui brûla toutes les photos prises ensemble. Des photos pourtant magnifiques, de nombreux couchers de soleil sur la plage et d'autres sur la montagne, tous les ponts de Constantine, l'architecture complexe de la ville , avec en fond deux personnes qui s'aiment. Deux personnes qui s'aimaient. Les larmes coulaient et coulaient, comme les gouttes d'eau sur les vitres de l'appartement maintenant plongé dans la pénombre. Les coups de fil passés à ses amis les plus proches ne changeaient en rien sa situation. C'était maintenant un être errant qui dînait seul dans sa demeure sombre. A cause de l'orage, l'électricité avait été coupée. Dans ces conditions, plus moyen d'avoir l'heure. De toute façon, peu importe l'heure qu'il était, sa vie s'était terminée à 17h24, au café d'en face.

# Posté le vendredi 08 février 2008 18:16

Modifié le lundi 29 septembre 2008 21:53

l'histoire des hommes

l'histoire des hommes
Une vieille légende hindoue raconte qu'il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.

Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : "Enterrons la divinité de l'homme dans la terre." Mais Brahma répondit : "Non, cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera."

Alors les dieux répliquèrent : "Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans."

Mais Brahma répondit à nouveau : "Non, car tôt ou tard, l'homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu'un jour, il la trouvera et la remontera à la surface."

Alors les dieux mineurs conclurent : "Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour."

Alors Brahma dit : "Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher."

Depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.
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# Posté le vendredi 08 février 2008 17:37

oh mon dieu !!!!

oh mon dieu !!!!
J'ai encore parcouru des kilomètres pour la retrouver, en vain hélas. Cette fleur, au parfum d'interdit et aux pétales savoureuses, a bel et bien disparu de la surface de la Terre. Cela fait deux ans à présent, deux ans de quête sans autre indice que les souvenirs. Jamais je n'oublierai la douceur de ses gestes, l'odeur de sa peau, l'arôme de ses baisers, la passion dans ses yeux, la pureté de son âme. Comment le pourrais-je ? Mon être en est complètement habité, rien ne pourra effacer ni même altérer la magie de ces moments. La flamme et le désir qu'elle éveillait sont restés intacts et je ne vis plus que dans l'espoir de voir nos chemins se croiser à nouveau pour ne plus jamais se séparer.
Hélas, je me meurs et les jours sans elle semblent tellement plus longs, plus sombres. Tant de lieux traversés pour n'aboutir qu'à la solitude la plus douloureuse qu'un homme puisse connaître. Quand aurai-je la joie de la revoir, ne serait-ce qu'une seule seconde pendant laquelle j'emplirais mon coeur, mon âme et mon être d'elle. Je perds la force de croire que je toucherai de nouveau à ce bonheur, à cette magie qu'elle fait éclore. Ses délices sont telles qu'on ne peut sans doute les goûter plus d'une fois, l'homme ne saurait contenir un plaisir et un bien-être aussi intense et irréel plus d'une journée. La réponse à ma quête est peut-être celle-ci mais la suavité de mes sentiments n'aura de cesse de désirer sa présence. Elle finira par avoir raison de moi, je n'en peux plus.

Je ne puis en croire mes yeux, je suis au paradis, quel bonheur. L'errance m'aura menée à un éden terrestre, à cet endroit que je n'osais espérer découvrir. Celui-là même où j'ai vu pour la première fois son visage, notre éden des montagnes. Il demeure identique, malgré le changement de saison il a conservé ses arbres aux feuilles abondantes, son ruisseau semblant serpenter entre les troncs, ses buissons aux formes parfaites et sa luminosité divine émanant d'entre les feuilles. Seules les couleurs sont différentes, le paysage s'est peint d'automne : du jaune, de l'orange et du marron à la place du rose, du vert et du bleu printaniers tandis que le parfum des fleurs a laissé sa place à une odeur d'humus.
Je suis envahi par les souvenirs, ils défilent et forment un film dont je ne saurai manquer un seul instant. A travers lui, je revis intensément notre idylle. Alors, l'émotion prend le dessus et tous mes sens ne répondent plus qu'à l'envoûtement de mes pensées. Tout rejaillit : son parfum, sa tendresse, sa fraîcheur, jusqu'à l'essence de son être et le velouté de ses caresses. Dans cet extase, je perçois ardemment sa présence tandis que des larmes de béatitude naissent et agrémentent mes joues. Une main me frôle, légère et savoureuse, serait-ce la sienne ? La sensation de son contact m'oblige à y croire, seule ma muse détient ce don . Oserai-je ouvrir les yeux ? « Mon aimé, enfin ! », la mélodie de sa voix me transporte tandis que, d'un regard, je regagne mon paradis, le jardin de ma fée, son éden.
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# Posté le vendredi 08 février 2008 17:14

tes larmes

tes larmes
Dans tes yeux, j'ai vu des larmes
Et la douleur de ton coeur qui se serre,
Dans tes yeux, j'ai vu tous tes drames
Et les peines qui t'enterrent...

Mais dans tes yeux, j'ai vu aussi,
Derrière tes cils obscurcis,
La beauté de ton coeur,
De la tendresse et de la fraicheur...

Laisse paraître le vrai visage de ton coeur,
Ne te cache pas, par crainte de l'erreur,
Qu'au travers des miroirs de ton âme,
On puisse voir la passion qui t'enflamme...
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# Posté le vendredi 18 janvier 2008 19:36

mon monde

mon monde
Je n'attendrais pas les mauvais jours ou les solstices d'été pour crier tous mes mépris et tous mes ennuis; (tu ne le sais pas encore), je ne regarde plus le passé, mélancolique des horreurs et des joies comme j'ai trop longtemps fait, je ne regarde pas encore l'avenir et me convainds de ne jamais en avoir le besoin mais il est un temps où la vie prend le dessus sur les cris, celui-ci est si lointain que j'en suis essoufflée. Je ne pense plus à rien, tout j'ai déja songé... C'est difficile de vivre quand on ne sait que rêver, enfermée dans son monde, où tout n'était que perfection, au retour de mes illusions à la conscience, j'ai pleuré, tant pleuré de mes propres démons que je ne saurais à ce jour plus jamais ce qu'est ni l'envie, ni l'ennui, ni la peur, ni le leurre, ni le rire, ni le sourire, ni le bonheur, ni l'horreur... Je suis las, face à ma seule résignation, et mon impuissance face à mon seul être résigné. Je n'ai plus aucun goût ni pour les maux ni pour les joies ! Après la complaisance et la perversion, je pars dans un tout autre monde, celui de la raison, là où tout est éternellement trop complexe pour être vécu, là où rien ne saura m'atteindre puisque je n'y suis plus attendue, là où tout est noircit par l'argent, la misère, la paix comme la guerre, la bonté comme la cupidité, la violence et la méfiance... Je rejoinds ce monde, ainsi dénouée de toute volonté ou force de vivre ; vivre ici où ailleurs, qu'importe, vivre est toujours mourir. Alors, autant vivre dans la réalité amère et cruelle, dans le poison des saisons et le ressentiment du temps, dans l'allégresse de la paresse et le fièle du désir !
Tout est perdu...
Je ne crierais plus.
Je vais mourir, et je ne le sais pas encore assez, pour vivre avec un grand A, tout l'amour et le bien-être que ce monde peut apporter à ceux qui y sont par défaut de rêves et de névroses...


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# Posté le vendredi 18 janvier 2008 19:18